Nos Histoires

Rencontre avec Tiffany
Assistante Responsable du Vignoble

Tiffany, parlez-nous de vous. Quel a été votre parcours jusqu’à présent ?


J’ai commencé mes études dans le tourisme, dans le Sud de la France. À l’issue de mon BTS, je suis partie à l’étranger pendant trois ans et demi, pour voyager. Et c’est en Australie notamment que j’ai découvert la viticulture. En rentrant en France, j’ai décidé de m’inscrire en BTS Viticulture-Oenologie à Beaune. C’est un programme sur un an, en alternance. Au Château, je suis donc en contrat d’apprentissage depuis août dernier.


Étiez-vous déjà familière avec les principes de la biodynamie avant de rejoindre le Château ?


Plus que la biodynamie, j’étais surtout familière avec la permaculture, grâce à mon expérience à l’étranger. Ces deux types de culture se ressemblent beaucoup, ce sont les mêmes principes. De plus, je suis quelqu’un de naturellement tourné vers l’écologie. C’était donc vraiment important pour moi de travailler pour un domaine qui respecte les cycles de la nature, en étant en agriculture biologique ou carrément en biodynamie. Ce sont des choses qui me fascinent, notamment l’intérêt pour le cosmos. Ces derniers mois, j’ai beaucoup appris sur les principes de la biodynamie grâce à mon expérience dans le Clos Marey-Monge et grâce à l’équipe des vignes. 


Comment résumeriez-vous la biodynamie en quelques mots, pour les moins connaisseurs ?


La biodynamie c’est un tout : il faut prendre en compte tous les produits que l’on met dans la vigne, qui doivent être totalement naturels, sans aucun intrant chimique, ni produit phytosanitaire. Ces produits  vont travailler en accord avec les sols, les animaux et insectes dans la nature. La biodynamie c’est également un travail réalisé en fonction de la Lune, qu’elle soit montante ou descendante, pleine ou nouvelle, et des constellations. Pour ma part, je travaille avec le calendrier de Maria Thun dans lequel on retrouve des jours différents -fruits, feuilles, fleurs et racines-. En fonction du jour dans lequel on est, et en prenant en compte le cycle de la Lune et les constellations, nous allons intervenir sur une partie précise de la vigne.


Y a t-il des particularités dans l’application des principes de la biodynamie dans l’ensemble du Clos Marey-Monge ? 


Le Clos en soit, c’est déjà un énorme avantage pour une agriculture en biodynamie car il y  une vraie séparation avec les autres parcelles autour pouvant avoir un mode de culture conventionnel. Le Clos permet de protéger et nous donne la possibilité de réaliser toutes nos interventions sans se soucier d’actions voisines plus polluantes. De plus, nous commençons à bénéficier d’une vraie biodiversité avec les arbres qui se trouvent au sein du Clos, les murets qui protègent les différents habitants du vignobles -animaux, insectes… et cette année ils sont nombreux ! Chaque animal nous permet de retrouver où nous en sommes dans le cycle de vie de la vigne et du vignoble en général. Par exemple, les nombreuses cigales en ce moment sont signes de la présence de vers de la grappe deuxième génération, ce sont des chenilles qui viennent perforer les raisins. Nous devons donc faire extrêmement attention. 


Comment allez-vous réagir justement dans ce cas précis ?


Pour l’instant, nous ne sommes pas encore trop impactés par ces chenilles, nous ne les considérons pas encore comme un problème mais nous devons rester vigilants et continuer d’observer les signes donnés par la Nature. Si cela devenait trop important, nous pourrions par exemple peupler le Clos de plantes permettant d’éloigner ces vers de la grappe. 



Parlez-nous de la conversion du Clos Marey-Monge. Où en est-on dans ce processus ?


Nous sommes plutôt bien avancés pour l’instant. Le processus a commencé en 2016 pour tout le Clos, selon le cahier des charges Demeter puisque c’est le label que nous avons décidé de suivre. C’est probablement le plus rigoureux de tous. La démarche commence avec cinq ans en viticulture biodynamique, avec des contrôles réguliers. En 2021, nous devrions donc obtenir le label Demeter. 


Quelles sont les prochaines étapes vers la biodynamie ?


Obtenir le label, évidemment. Le plus dur a déjà été fait, il faut donc continuer ce qui a été entrepris. De mon côté, je souhaite mettre en place certaines mesures pour nous rendre plus autonome. Notamment, collaborer avec Oracle & Jardin pour planter de quoi faire nos propres tisanes et nos propres préparations pour les vignes. Nous sommes également en train de nous coordonner avec d’autres viticulteurs en biodynamie dans les alentours pour planter ensemble nos bouses de corne. J’aimerais créer un réseau de viticulteurs engagés et qui s’entraident, c’est aussi ça la biodynamie : la connexion entre l’homme, la terre et les hommes entre eux. 


Travaillez-vous en relation étroite avec Eric et Emmanuel ?


L’intérêt de la biodynamie c’est d’abord d’avoir des raisins qui soient les plus qualitatifs possibles pour avoir le moins d’intrants possible en cuverie. Donc nous travaillons très étroitement avec eux oui. Tous les deux sont passionnés et passionnants. Je me tourne toujours vers eux quand j’ai besoin de conseils. Ils maîtrisent très bien le sujet de la biodynamie. Par exemple, nous travaillons avec des levures indigènes pour ne pas avoir à rajouter des levures en cuverie. Nous allons donc retrouver les levures directement sur les pellicules des raisins, on appelle ça la pruine. Il faut que ces levures et les raisins eux-mêmes soient les plus sains possibles pour éviter de recourir à des levures en cuverie.


Comment la récolte s’annonce-t-elle cette année ?


C’est encore un peu tôt pour se prononcer mais nous avons pour l’instant une belle année qui se profile. La végétation se développe particulièrement bien. Nous avons déjà une belle quantité de raisins, et ils sont magnifiques.


Allez-vous prendre des mesures particulières pendant les vendanges ?

Deux semaines avant les vendanges, nous allons préparer une Silice. À cette période de la saison, cela permettra notamment de permettre un bon développement des pellicules, d’avoir des raisins plus costauds, et de déplacer la maturité des sucres dans la baie. Nous allons sûrement compléter cela par une tisane de pissenlit. Début juillet, nous allons réaliser une décoction de prêle pour prévenir du mildiou. Nous ajusterons en fonction de la météo car la biodynamie repose aussi sur des moments précis pour mettre en place certaines mesures, parfois même des heures spécifiques. 

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