Nos Histoires

Des Racines Profondes

 Depuis des siècles, remontant à l’époque des ducs de Bourgogne, des Micault et des Marey-Monge, les propriétaires du Clos Marey-Monge sont admirés par les amateurs de Bourgogne. Notre vieux vignoble est profondément enraciné dans les terres de Pommard, des racines qu’il a également su étendre à travers toute la Bourgogne. Alors que nous nous tournons vers l’avenir, nous regardons ce patrimoine avec fierté. Mais nous avons hâte de nous enraciner encore plus profondément…

En 1349, une terrible maladie s’attaquant aux porte-greffes, la Maladie Noire (soupçonnée d’être une épidémie terrible) détruit presque l’intégralité des vignes de la Côte d’Or, et la grande majorité de la production de vin en même temps. De cette année fatidique sont nées les légendes bourguignonnes, qui nous apprennent qu’aujourd’hui, que les seules vignes n’ayant pas été décimées sont celles plantées dans les hauteurs des collines derrière le village de Pommard. Ce sont ces vignes indestructibles qui ont servi à replanter le reste de la Côte d’Or.


Titre : Le Phylloxéra faisait la une des journaux de Bourgogne en 1879

Si nous choisissons de croire à cette histoire, presque trop belle pour être vraie, cela signifie que les racines du Pommard sont les plus anciennes de Bourgogne. En effet, durant plusieurs centaines d’années, les racines de Pommard ont été les fondations de toute la Bourgogne. Il convient de ne pas oublier cependant, que l’épidémie de Phylloxéra datant du milieu à la fin des années 1800 a détruit les vignes d’origine, et depuis, une grande majorité des porte-greffes de Bourgogne sont réellement d’origine américaine. Mais, entre les XIIe et XIXe siècles, lorsque l’on surnommait Pommard la « fleur de la Bourgogne », le vin auquel comparer tous les autres, le modèle pour l’ensemble de la Côte d’Or, c’est parce que l’ensemble de la production de vin de Bourgogne reposait sur les vignes de Pommard.

C’est à partir des années 1400, alors que la famille Micault commençait à revêtir de plus en plus d’importance dans la région, et à s’établir à Pommard, que les livres d’histoire commencent à nous parler du Vin de Paille, un nectar de couleur rosée produit par les premiers vignerons de Pommard. Il semblerait que le nom provienne du processus de séchage du raisin sur la paille. En perte de vitesse au XVIIe siècle, alors que les gens commençaient à s’aiguiser le palais et à apprécier le Pinot Noir de Pommard pour la première fois, ainsi que sa valeur marchande sur les tables de la région (exploitée par notre fondateur Vivant Micault et le négociant international de vin Claude Marey), le « Vin de Paille » disparut de la production.

Les premiers jours du Pinot Noir à Pommard n’avaient cependant rien à voir avec le rouge rubis foncé que nous connaissons et aimons aujourd’hui. En réalité, une bonne partie du Pinot Noir de la Côte d’Or des XIIe et XIIIe siècles était de couleur très claire, car on y ajoutait un quart de cépage de Pinot blanc. Aujourd’hui, bien entendu, tous les vins de Pommard sont du Pinot Noir pur.

Avec son emblématique et voluptueuse couleur rouge rubis, ses arômes puissants, ses tanins suaves et sa rondeur et vinosité, le vin rouge originaire de Pommard est le point de départ du Pinot Noir de la Côte de Beaune, un paysage de presque 26 kilomètres surtout célèbre pour ses appellations de Chardonnay, comme Meursault et Puligny-Montrachet, nos amis et voisins du Sud.

En gardant à l’esprit le devenir de la Bourgogne, survolons ensemble les profondes racines viticoles du Château de Pommard.

 


1962-2013 : Trois familles, six décennies, un vin

LA VINIFICATION À L’ÉPOQUE DE LA FAMILLE MAREY-MONGE

 


L’autre frère : Une étiquette incroyablement rare d’un Côte de Nuits de Claude-Phillibert Marey-Monge datée de 1801

On ne sait que peu de choses sur les méthodes de vinification utilisées par la famille Marey-Monge, en particulier Nicolas-Joseph et Émilie Marey-Monge, qui ont géré à eux deux les lieux pendant plus de soixante ans, devenant ainsi le deuxième couple d’époux le plus puissant et pérenne de l’histoire du domaine.

SUCRE BRUN

C’est grâce aux échanges de lettres avec Marie-Catherine Monge, la mère d’Émilie, que nous découvrons les pratiques de vinification fascinantes de Nicolas-Joseph et d’Émilie au milieu du XVIIIe siècle et début du XIXe. Dans une lettre datée de 1811, adressée à sa belle-mère, Nicolas-Joseph parle du millésime de cette année-là. « Nous avons dû ajouter du sucre brun pour réveiller le goût des raisins fades. Mais ce n’est pas suffisant pour couvrir les tannins verts et la platitude du vin. Nous avons dû trouver chez l’épicier ce que la providence ne nous a pas apporté cette année : le feu et le goût. »

Par ces lettres à Nicolas-Joseph et Émilie, nous apprenons que Marie-Catherine, connue à Pommard comme Madame Monge, était une éminente ambassadrice des vins de Bourgogne, qui envoyait souvent des bouteilles de Pommard à Paris pour en faire profiter ses amis. Après la mort de Nicolas-Joseph en 1818, et tout au long des 30 dernières années de sa vie, Marie-Catherine passerait tous ses derniers jours à Pommard à aider sa fille avec la récolte et la vinification.

 


Partout en Bourgogne : La famille Marey-Monge était propriétaire de vignobles sur toute la Côte d’Or, y compris à Vosne-Romanée, jusqu’au milieu des années 1800

« PAUVRE TANTE MAREY »

En 1818, Nicolas-Joseph Marey-Monge mourut subitement, à l’âge de 58 ans. Femme dévastée mais déterminée, dévouée au Clos et à ses huit enfants, Émilie reprit son travail comme première femme propriétaire du domaine de Pommard, s’occupant également de la vinification et de la récolte. La lettre écrite par la sœur d’Émilie à son petit-fils, en 1819, se lit comme suit : « Votre pauvre tante Marey a beaucoup à faire, elle doit se charger seule de la récolte de Pommard. Elle aura quelque 300 fûts de vin, que de soucis pour une femme seule ! »

Malgré les inquiétudes de sa sœur, Émilie dépassa toutes les attentes et accrut considérablement la taille et la fortune du Château de Pommard durant 49 ans, avant de mourir au domaine, à l’âge de 89 ans.


De Blic : Une autre étiquette très rare de la brève intendance d’Emmanuel De Blic (le fils d’Edith Marey-Monge) au Château de Pommard

DIX MILLIONS DE PIERRES

L’héritage viticole de la famille Marey-Monge est, bien entendu, inestimable. Mais tandis que très peu d’étiquettes de vin ont survécu, et que beaucoup de connaissances et d’anecdotes sur la vinification ont été perdues au cours de l’histoire, notre célèbre mur de forteresse, de 2 000 mètres de long et deux mètres de haut a, lui, survécu. Un hommage éternel au savoir faire de Nicolas-Joseph, vigneron et homme d’affaires passionné. Le mur de notre Clos protège les vignes du vent, du vol, mais aussi son méso-climat (le climat spécifique à l’intérieur du Clos Marey-Monge).


Mur debout : Le mur du Clos est actuellement en cours de rénovation. Il a 205 ans !

LA VINIFICATION À L’ÉPOQUE DE LA FAMILLE LAPLANCHE

« En tant que psychanalyste, je suis parfaitement habitué à parcourir des terres déjà récoltées à la recherche des fruits et trésors inattendus qui ont été précédemment oubliés. »
Jean Laplanche

Jean Laplanche a toujours eu un lien profond avec les sols et les racines de la Bourgogne. Il y est né, y a étudié, y a rejoint la résistance en 1943, a hérité en 1966 du Château de Pommard et, dès lors, a partagé sa vie professionnelle entre Pommard (4 jours par semaine) et Paris (les 3 autres), où il enseignait. À ses côtés tout le long, du moins à partir de 1950, Nadine, l’épouse de Jean, a été l’élément clé garantissant que Jean jouisse d’un équilibre sain entre travail et vie privée. Ces deux-là étaient inséparables et ont vécu un mariage heureux pendant 60 ans, jusqu’au décès de Nadine en 2010. Si Jean était discret et songeur, comme doit l’être tout bon psychanalyste, Nadine était sociable, élégante et amusante.


Le moût : Un ami vigneron de Monsieur Laplanche nettoie le foudre

AOC 

C’est sous Louis Laplanche que l’AOC Pommard a été créée en 1936, Pommard devenant l’un des premiers villages à obtenir l’appellation AOC pour le vin rouge. Dans les années 1960, alors que Jean Laplanche, le fils de Louis, exerçait ses fonctions, il expédia trois fois plus de Pommard que n’importe quelle autre appellation aux États-Unis. Même au Royaume-Uni, le Pommard réussit presque à rivaliser avec le Nuits-Saint-Georges comme importation préférée. Sous l’intendance des Laplanche au Château de Pommard, d’abord avec Louis et Albertine Laplanche, puis à partir de 1944, avec Jean et Nadine, la famille a guidé les efforts déployés vers de nombreux changements en matière de vinification.

Avant l’ère du « Grand Vin » de la Famille Giraud, Jean et Nadine Laplanche produisaient deux vins sur leur vignoble de 20 hectares – le Château de Pommard et le Clos du Château de Pommard. En raison de la renommée mondiale acquise par Jean Laplanche comme l’un des plus célèbres psychanalystes, à partir du milieu des années 60 avec la publication de son premier livre, le vin produit au Château de Pommard était très prisé, étant « le seul vin au monde cultivé et mis en bouteille par un ancien disciple de Jacques Lacan. »


La Cuverie : Une cuve de fermentation en bois dans notre cuverie, dans les années 90

AGE DU VIN  = MILLÉSIME

Avec une préférence pour les cuves de fermentation en bois (« La vinification doit avoir lieu à des températures contrôlées par le chêne, » écrivait Jean) et à l’aide de six amis vignerons pour l’épauler, Jean entretenait toute l’année le Clos Marey-Monge, ou le Clos des 18 Hectares, comme on l’appelait sous les Laplanche. Jean Laplanche accordait une attention toute particulière à l’âge de la vigne dans le vignoble, allant jusqu’à superviser personnellement la replantation des parcelles – la parcelle des Paules Vielles en 1942, celle des 75 rangs en 1962 et le Grand Champs en 1982 – tous les 20 ans, donc. « Il est essentiel que j’arrive à sauvegarder les pieds de vignes ! » disait-il. « Beaucoup de mes vignes ont plus de 60 ans. Les vieilles vignes, qui font ressortir le meilleur du Pinot Noir, incarnent Pommard. » Pour Jean, âge rimait avec sagesse.

Après avoir joué dans la vigne lorsqu’il était un jeune garçon de 12 ans, Jean Laplanche avait développé un lien personnel avec chaque cep, chaque terroir, chaque rocher. Pour chaque millésime, cependant, le succès de la cuvée produite à partir de chaque terroir dépend des raisins. « Depuis 1975, j’ai cueilli deux sortes de raisins », dit Jean. « Les vendangeurs ont deux paniers, un pour les raisins bien mûrs et l’autre pour ceux légèrement abimés. Même lors de très mauvaises années, je continue de produire plusieurs cuvées à partir des 100 % meilleurs raisins. Le vin est charpenté et concentré comme doit l’être un vin de Pommard. Je suis un amoureux transi de la qualité. »

L’ASSEMBLAGE

Tout comme celui du vinificateur Emmanuel Sala aujourd’hui, le processus d’assemblage de Jean Laplanche n’était pas guidé par un manuel d’instructions ou une formule magique. Il était basé sur l’intuition, l’histoire, l’expérience, le savoir-faire et la connaissance des moindres détails du millésime, ainsi que la capacité à se laisser guider, non à contrôler, les particularités. « Je vais dans la cuisine avec ma femme, » explique Jean sur son processus d’assemblage. « J’étale tous les échantillons de terroirs sur le marbre. Nous goûtons et créons les assemblages juste-là, avant la mise en bouteille. Je fais un vin qui est lié aux Hommes. Je fais des vins tanniques, longs en bouche, avec une fermentation de trois semaines. Le vin ne devient vraiment mon enfant qu’après sept ans. »

UN NOM QUI EN DIT LONG

Jean et Nadine Laplanche avaient pris l’habitude de distribuer le vin du vignoble sous deux noms différents, pour diverses raisons. Le vin était souvent vendu avec une étiquette du Château de Pommard ou du Clos du Château de Pommard. Le dernier était fait à partir des vignes plus jeunes, et le premier des vignes plus anciennes. Tout dépendait du millésime et du caractère exceptionnel, ou pas, des raisins. « En moyenne, 35 à 40 % du vin produit porte l’étiquette du Château, » nous explique Jean. « Mais en 1994, par exemple, je n’ai étiqueté que 6 000 bouteilles comme Château, sur près de 100 000. Pourtant, d’autres années, j’ai produit 40 000 à 50 000 bouteilles de Château de Pommard. »

 


1941 : Étiquette du Château de Pommard en temps de guerre. Très rare


Repérez le changement de nom : Une étiquette de l’époque Laplanche, vers les années 1950
Au début des années 2000, avant de vendre la propriété à la famille Giraud, l’une des dernières actions de Jean et Nadine en matière de vinification au Château de Pommard fut de nommer Philippe Charlopin, de Gevrey-Chambertin, responsable de la vigne. C’est Philippe qui allait élaborer le célèbre « Grand Vin » du Château de Pommard, le vin qui a relancé la fortune du domaine.

GRAND VIN

Dans un communiqué de presse de 2002, les Laplanche, qui n’avaient pas d’enfants, expliquèrent qu’ils ne voulaient pas que leur domaine soit assujetti aux caprices des ventes ou des séparations. Nous préférons plutôt décider de l’avenir du domaine alors que nous sommes encore en vie », écrivait Nadine Laplanche. En vertu de l’arrangement avec Maurice Giraud, Jean et Nadine Laplanche passeraient leurs dernières années au Château Marey-Monge et produiraient du vin pendant quelques années de plus. « Nous sommes très attachés à ce domaine. C’est notre enfant, et nous voulions nous assurer que le domaine soit adéquatement géré après notre mort », déclarait Nadine Laplanche.

 


La récolte : Jean Laplanche en dehors de la cuverie lors des vendanges

Les racines de Jean se sont à jamais ancrées dans les terres de son enfance lorsque, le 6 mai 2012, le vigneron-psychanalyste décéda à l’hôpital de Beaune. Quelques jours plus tard, les funérailles de Jean eurent lieu à l’Église de Pommard, juste en face de son Château Marey-Monge bien-aimé. « C’était un vigneron exceptionnel, » dit Hubert De Montille, le célèbre vigneron de Pommard et Volnay, du Domaine de Montille, en parlant de son ami, Jean.

 


1962 : Le Château Marey-Monge au centre, avant que les deux châteaux du domaine ne soient réunifiés.

LA VINIFICATION À L’ÉPOQUE DE LA FAMILLE GIRAUD

« Je trouve fascinant d’écouter le vignoble. D’observer et de comprendre qu’il s’agit de la nature, en harmonie avec la main de l’homme, qui donne naissance à ce merveilleux nectar que nous appelons vin.
Maurice Giraud

Peu après l’acquisition du domaine de Jean Laplanche, même si Jean et Nadine continuèrent de vivre au Château Marey-Monge jusqu’à leur mort, Maurice Giraud se lança rapidement dans des travaux de rénovation complexes et coûteux sur l’ensemble du domaine, allant même jusqu’à introduire des innovations modernes en matière de vinification et de nouvelles installations. Avant de recruter le vinificateur Emmanuel Sala en 2007, Maurice Giraud s’était appuyé, au début des années 2004, sur le bras droit de Jean Laplanche, Philippe Charlopin, comme vigneron.

L’HOMME DE GEVREY-CHAMBERTIN

Pour Laplanche, il incombait à Charlopin de faire entrer le vin du Château de Pommard dans le XXIe siècle. « Quand j’ai rencontré Philippe Charlopin (un vigneron célèbre dans le monde viticole) à Beaune pour la première fois, je savais que cet homme, grâce à son caractère bien trempé; serait un compagnon indispensable pour la réussite du Château de Pommard, » a déclaré Maurice. « Ses talents innés et son incommensurable passion pour le vin seraient les éléments moteurs pour un vin « Château de Pommard d’Exception ». Avec lui à mes côtés, je suis convaincu que nous allons obtenir des vins d’excellente qualité. L’emblème sera le sommet du Mont Blanc, qui est reconnu dans le monde entier pour sa grâce, son éclat et ses mystères. C’est là que le Château de Pommard retrouvera de sa superbe !


Vigneron de l’Extraordinaire : M. Philippe Charlopin

CHANGEMENT RADICAL

Durant de nombreuses années, la famille Laplanche avait, disait-on, effectué les vendanges trop tôt, omis d’utiliser une table de tri, réalisé une période de macération trop longue et utilisé des fûts de fermentation en bois de mauvaise qualité. Sous le regard expert de Philippe Charlopin, il était clair qu’au cours des derniers millésimes de la vie de M. Laplanche, le vin avait acquis la réputation d’être « dur et rustique ». « Le Château de Pommard était un diamant qu’il convenait juste de polir, » dit Maurice en 2003. « Durant un siècle, peu de restauration avait été faite. C’était la Belle au Bois Dormant qui attendait d’être réveillée. »


Grand Vin : Grand Vin du Château de Pommard de M. Giraud dans la bouteille de grand-mère

Heureusement, l’engagement de la famille Giraud envers le Clos, de concert avec la nomination d’Emmanuel Sala, a tout changé. « J’ai voulu développer un grand vin de Bourgogne ; un vin expressif et voluptueux, aussi majestueux que les murs historiques qui le regardent naître chaque année, » déclarait Maurice Giraud. Après deux années d’études pour devenir œnologue, Maurice Giraud visait à refaire du Château de Pommard le plus grand producteur de vin en Bourgogne, et à transformer le domaine en 1ère destination touristique française pour le vin.  « C’est de la folie pure d’autoriser la vente de son vin par des inconnus », disait Maurice, « tout comme de ne pas partager ce patrimoine culturel exceptionnel. »

EMMANUEL SALA

L’homme chargé de l’immense tâche de remettre le vin du Château de Pommard sur le devant de la scène. La décision perspicace de la famille Giraud de nommer Emmanuel Sala directeur technique, et chef vigneron, était la bonne. Vigneron perspicace, et Bourguignon, Emmanuel a produit les meilleurs vins qui aient jamais vu le jour dans l’histoire du domaine. Sa philosophie : « Améliorer le millésime, écouter la nature et ne jamais rompre l’équilibre naturel.» En 2016, Emmanuel a célébré son dixième millésime avec le Château de Pommard – et il était vraiment inoubliable !


M. Sala : Récolte 2016 – Dixième millésime de Pommard d’Emmanuel 

QUAND LA SCIENCE RENCONTRE LE SAVOIR-FAIRE

Déterminé à promouvoir l’attrait des vins du Château de Pommard à l’échelle internationale, Maurice Giraud recruta Claude et Lydia Bourguignon, pédologues et fondateurs du Laboratoire d’analyse microbiologique des sols, afin d’effectuer des tests chimiques et biologiques sur les sols du Clos Marey-Monge. Leurs résultats confirmèrent que deux des parcelles du Clos, Simone et Chantrerie, possédaient des argiles avec une forte surface intense parmi les plus élevés en Bourgogne. Des niveaux similaires n’ont été trouvés que dans deux grand crus : Richebourg et Musigny.

Tout à coup, Emmanuel Sala voyait son intuition confirmée par la science, un fait basé sur des preuves tout comme sur un savoir-faire. Suite à ces résultats, l’équipe de vinification du Château de Pommard a soumis le Clos Marey-Monge à un examen plus approfondi, faisant appel à des « scientifiques viticoles » pour réaliser des tests d’ondes et des rapports géologiques visant à effectuer des recherches encore plus poussées dans l’histoire et la qualité des vignes.

« Mes parents chérissaient chaque moment comme s’il s’agissait d’un cadeau, même lorsque les temps étaient durs. Cela explique aujourd’hui la détermination, la patience, la persévérance et la ténacité qui me caractérisent, et qui m’ont permis, même à l’âge de 62 ans, d’avoir la passion me poussant à me montrer suffisamment généreux, énergique et courageux pour acheter le Château de Pommard et suffisamment ambitieux pour en faire le fleuron de la Bourgogne. »
Maurice Giraud

LA VINIFICATION SOUS LA FAMILLE CARABELLO-BAUM

« La personnalité révélée par chaque climat me guide dans la définition précise de son rôle, et, par conséquent, de sa quantité, dans l’assemblage de vin que vous boirez un jour : certains forment l’ossature, d’autres la chair, et d’autres apportent l’esprit. »
Emmanuel Sala

En 2014, les Carabello-Baum acquirent le Château de Pommard. Cette passation entre la famille Giraud et ces nouveaux intendants californiens a entraîné un changement en vinification. Aussi, plus d’innovation a été mise en œuvre au cours des trois dernières années qu’au cours des trente dernières années. Une vérité dont nous sommes aujourd’hui incroyablement fiers. Et des rénovations encore plus excitantes sont prévues au cours des prochaines années ! Une nouvelle cuverie, une nouvelle bouteille, de nouvelles étiquettes, un nouveau site web, de nouvelles Expériences de dégustation, de nouveaux membres de l’équipe, une nouvelle devise, une nouvelle attitude – prochainement en 2017.

Mais, qu’en est-il de la vinification ?

Où commencer.

PROTECTION DE L’UNESCO

Le samedi 4 juillet 2015, le Comité du patrimoine mondial a ajouté les Climats de Bourgogne à la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO pour leur Valeur Universelle Exceptionnelle.

Au cours des premiers mois sous l’ère des Carabello-Baum, la famille est devenue Grand Mécène du statut de patrimoine protégé de l’UNESCO, accordé en 2015. Depuis que Vivant Micault a commencé à développer et élargir son empire viticole ici en 1726, l’histoire de Pommard a été liée aux climats, aux viticulteurs et à la viticulture de Bourgogne. Ce fut un honneur d’être impliqués, mais aussi l’une des plus belles manières d’entamer l’intendance de la famille Carabello-Baum.

Fusionner l’histoire de la Bourgogne et son avenir, pour réaliser quelque chose qui fasse sens dans le présent. Pour Michael Baum, il s’agit de sa plus grande fierté à ce jour en tant que propriétaire. « Nous avons été extrêmement fiers pour tous les habitants de la Bourgogne, d’avoir pu réaliser, ensemble, cet exploit étonnant. L’UNESCO va nous aider à attirer d’autres épicuriens du monde entier qui viendront visiter ce lieu très spécial sur Terre, » nous explique Michael.


UNESCO : Michael et Aubert de Villaine parlent commerce dans la chambre Zoom (comme nous l’appelons)

LA BIODYNAMIE

Pour reconnecter le Clos à ses racines anciennes ; la famille Carabello-Baum, aux côtés du vigneron Emmanuel, ont entamé la conversion du Clos Marey-Monge à la viticulture biodynamique. En collaboration avec le spécialiste en œnologie et en agronomie, Antoine Lepetit de la Bigne, la conversion complète est en cours et devrait être terminée en 2019. Le premier millésime bio sera disponible en 2022. « L’équipe ici a hâte d’entamer ce nouveau chapitre de l’histoire déjà distinguée du Clos et nous nous réjouissons à l’idée de produire des vins biodynamiques vraiment exceptionnels dans un proche avenir », explique Emmanuel Sala.

REPLANTATION D’ÉMILIE

Plantée entre 1949 et 1954, la parcelle d’Émilie a été le reflet de notre esprit viticole durant plus de 60 ans. En 2016, Emmanuel a pris la décision d’arracher et de replanter les vignes d’Émilie pour aider à régénérer et à protéger le Clos pour les générations futures. Le clone original sélectionné pour la parcelle d’Émilie n’était pas le mieux adapté à l’argile, à l’humidité et au drainage, dans cette partie du Clos. Un nouveau porte-greffe a été sélectionné et la replantation débutera au printemps 2017.  La plantation de vignes de deux ans laisse supposer que les fruits des nouvelles vignes seront prêts pour notre cuvée Vivant Micault aux alentours de 2022.

BIBLIOTHÈQUE DES VINS

En 2015, le Château de Pommard a réalisé une autre première, la mise en bouteille de 250 bouteilles de chacun des cinq différents terroirs du Clos Marey-Monge. L’objectif est d’étudier la viticulture, la vinification et le vieillissement des différents composants du Clos. La bibliothèque des vins offre également une occasion unique de produire, avec le temps, de petites quantités de vins de terroir uniques.

VIN PRIMÉ

Depuis le classement du Clos Marey-Monge comme première cuvée par le Dr Jules Lavelle en 1855 ; nous avons toujours su que nos vins étaient dignes de prix prestigieux. En 2016, nous sommes ravis que nos millésimes Clos Marey-Monge 2012 et 2013 aient remporté la médaille de bronze et d’argent, respectivement, à la Decanter World Wine Awards 2016. Une réussite majeure pour les Carabello-Baum pour leur première année de production. En mars 2016, le magazine viticole The World of Fine Wine a fait la critique du premier millésime de la famille Carabello-Baum en tant que propriétaires – Clos Marey-Monge Monopole 2014 – lui allouant une note de 91/100.

« Grâce à sa connaissance intime des nombreuses parcelles sur la propriété, le vigneron Emmanuel Sala est capable d’en créer une expression très complexe et convaincante », a conclu le célèbre critique viticole Neil Beckett. Cette année a été marquée par un changement de style dans la taille ; passant de la méthode Guyot à la méthode Poussard. La méthode de taille Poussard encourage la plante à suivre la courbure naturelle de la vigne.

LES NOUVELLES RECRUES

Notre plus récente recrue, la vigneronne bourguignonne Sophie Petijean, a été nommée Assistante viticultrice par Emmanuel Sala en 2016. Sophie travaillera dans les vignes aux côtés de Samuel Grivaux, le membre le plus expérimenté de l’équipe du Château de Pommard, travaillant au Clos Marey-Monge depuis plus de 20 ans. Nous sommes fiers d’avoir des vignerons aussi jeunes, passionnés et dévoués que Sophie, en charge du vignoble.

 

L’avenir de Pommard : Sophie où elle adore être – au Clos Marey-Monge

QUELLE EST LA PROCHAINE ÉTAPE ?

Le Château de Pommard a connu des évolutions au cours des 300 dernières années. L’empire viticole a commencé sur les chapeaux de roues dans la maison de Vivant en 1726. Depuis, il n’a cessé d’évoluer ou n’a laissé place à aucun relâchement. Le Château de Pommard a miraculeusement survécu à la Révolution française. Il a été le théâtre de deux guerres mondiales et a supporté la grande maladie des vignes des années 1850. Ce, non pas parce qu’il a évolué avec son temps. Les familles qui ont protégé la terre ont vite compris que pour survivre il leur fallait toujours avoir une longueur d’avance.

Alors que le Château de Pommard entame son prochain siècle, insufflant la vitalité en Bourgogne ; nous sommes fiers de répéter, encore et encore, notre histoire unique. Après tout, c’est une histoire qui nous a appris à toujours regarder vers l’avenir, en se disant : « Et ensuite ? »


Michel et Manu : Toast avec le propriétaire et le vigneron de Pommard en 2017 – une année mémorable !

Pour visiter le site du Château de Pommard, vous devez avoir au moins 21 ans.
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