D’où vient mon vin ?


Le vin est bien plus qu’une simple boisson. C’est le fruit d’un terroir et d’un savoir-faire; le résultat d’une histoire et d’un système de valeurs. En Bourgogne, les appellations et la hiérarchie entre les vignobles constituent un premier outil pour vous aider à comprendre d’où vient votre vin. Est-ce un Village, un Premier Cru ou un Grand Cru? Les raisins ont-ils été cultivés en Côte de Beaune ou en Côte de Nuits? S’agit-il d’un assemblage ou d’un vin issu d’une seule parcelle? Il arrive pourtant que certaines questions restent sans réponse, même après avoir parcouru l’étiquette d’une bouteille. Cet automne, nous avons décidé de tirer parti des longues soirées qui s’étirent au coin du feu pour partager avec vous ce qui se cache derrière nos vins.

Un vignoble classé au patrimoine mondial de l’UNESCO

Au Château de Pommard, nous cherchons à retranscrire l’expression du terroir la plus pure dans chacune de nos cuvées. Mais commençons d’abord par nous intéresser au vignoble bourguignon. Notre domaine se situe à l’est de la France, au coeur de la Bourgogne. Prisée depuis des siècles pour la qualité de ses vins, cette région viticole a été inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2015. Elle doit cette distinction à ses Climats. Rien à voir avec la météo – un Climat désigne un vignoble spécifique, mêlant une parcelle soigneusement délimitée, un cépage et un savoir-faire.

Il existe 1247 Climats différents en Bourgogne. Notre Clos Marey-Monge est l’un d’entre eux, tout comme Corton-Charlemagne, Bonnes-Mares ou Clos de Bèze. Protégé par un mur de pierres haut de deux mètres, érigé au début du XIXe siècle, le Clos Marey-Monge est le plus grand monopole privé de Bourgogne – un seul et unique vigneron l’exploite. Ce vignoble de 20 hectares dispose de ses propres microclimat et écosystème. Chacun de ses sept terroirs – Simone, Les Paules, Grands Champs, Chantrerie, 75 Rangs, Micault et Émilie – affiche une combinaison différente de calcaire, d’argile enrichie de fer et d’alluvions.

Un cépage emblématique

Qui pourrait imaginer que notre Clos Marey-Monge Monopole 2016, un vin dense et concentré, aux arômes de violettes, de fraises mûres et de cannelle, soit issu du même cépage que notre Volnay Premier Cru 2016, un rouge élégant et équilibré affichant des notes de rose et de vanille, produit quelques kilomètres plus loin? Le gamay et le césar ne représentant que 3% des raisins plantés dans la totalité du vignoble bourguignon, le pinot noir s’impose comme le cépage incontournable pour élaborer des vins rouges dans la région.

Née en Bourgogne, cette variété est cultivée depuis le XIVe siècle. Capricieux, fragile et sensible aux maladies de la vigne, le pinot noir semble avoir trouvé sa terre de prédilection. Le calcaire et l’argile lui sient particulièrement bien. Les vins rouges d’Echézeaux, Gevrey-Chambertin ou Simone en sont la parfaite illustration. Bien que les pinots noirs produits en Bourgogne partagent quelques points communs, comme une robe rubis limpide, des arômes de fruits rouges et noirs et des tanins délicats, notre cépage emblématique est apprécié pour sa capacité à retranscrire les moindres variations du terroir sur lequel il s’épanouit. Imaginez un instant la viticulture comme une oeuvre d’art. Les paysages seraient les sols, le peintre, le vigneron et les couleurs, le pinot noir.

Made by Nature in France

Comme notre ami Antoine Lepetit de la Bigne le dit si bien dans son livre “35 questions sur la biodynamie à l’usage des amateurs de vin”, le vin pourrait être notre dernier lien avec la terre dans notre société post-industrielle, sur-urbanisée. Dans un monde où les questions de santé et d’environnement nous interpellent chaque jour, nous avons commencé à nous remettre en question. Pourrions nous faire évoluer nos techniques pour améliorer les effets de la viticulture sur l’homme et la planète, tout en produisant de meilleurs vins?

En 2014, nous avons entamé la conversion du Clos Marey-Monge à la biodynamie. Nos sept parcelles sont désormais labourées à l’aide d’un cheval de trait, à l’ancienne. Plus léger qu’un tracteur, il permet de moins compacter les sols. Nous avons remplacé les produits de synthèse par des préparations naturelles, comme des décoctions d’ortie et de camomille, et de la bouse de vache fermentée dans une corne. Ces changements n’ont pas seulement permis de réduire drastiquement le taux de pesticides dans nos vins; nos vignes centenaires, devenues peu productives, vivent une seconde jeunesse et affichent à nouveau des rendements normaux. Libérées des agents chimiques qui limitaient le potentiel d’expression du raisin, nos cuvées sont plus équilibrées et complexes, plus aromatiques et typiques. En quatre ans, notre écosystème s’est diversifié. Les animaux sauvages sont revenus vivre au milieu des vignes. Faut-il voir dans ces oiseaux, ces renards et ces lapins un signe que la nature apprécie nos efforts? Nul doute en tout cas, qu’ils nous encouragent à travailler toujours plus dur.

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