{"id":3052,"date":"2017-01-09T00:00:00","date_gmt":"2017-01-08T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/chateaudepomma.wpenginepowered.com\/uncategorized\/famille-marey-monge-1763-1936-fr\/"},"modified":"2017-01-09T00:00:00","modified_gmt":"2017-01-08T23:00:00","slug":"famille-marey-monge-1763-1936-fr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chateaudepommard.com\/fr\/chateau\/famille-marey-monge-1763-1936-fr\/","title":{"rendered":"Famille Marey-Monge (1763 \u2013 1936)"},"content":{"rendered":"<p><strong>La plus grande famille de Bourgogne<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>En 1795, deux familles fran\u00e7aises embl\u00e9matiques, l<\/em><\/strong><strong><em>es Marey et les Monge, s&#8217;unirent par le mariage pour cr\u00e9er une dynastie encore largement admir\u00e9e en Bourgogne aujourd&#8217;hui.\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le Ch\u00e2teau de Pommard et le Clos Marey-Monge ;\u00a0tels que nous les connaissons aujourd&#8217;hui ;\u00a0remontent \u00e0 l&#8217;origine \u00e0 l&#8217;une des familles les plus anciennes et les plus respect\u00e9es de toute la Bourgogne :\u00a0les Marey-Monge. Leur nom est connu dans toute la r\u00e9gion. Beaune, le c\u0153ur de la Bourgogne, et son village voisin, Pommard, arborent des statues du c\u00e9l\u00e8bre math\u00e9maticien fran\u00e7ais, Gaspard Monge. La biblioth\u00e8que de la ville, et une brasserie ou deux, portent \u00e9galement son nom. Il en va de m\u00eame pour la famille Marey.\u00a0Les statues d&#8217;un grand nombre d&#8217;\u00e9minents fils de Nicolas-Joseph Marey et d&#8217;\u00c9milie Monge tr\u00f4nent dans les villages ;\u00a0de Volnay \u00e0 Vosne-Roman\u00e9e ;\u00a0o\u00f9 la famille Marey-Monge avait \u00e9tendu son empire viticole.<\/p>\n<p>Mais c&#8217;est \u00e0 M. Claude Marey, en 1763, que reviennent les honneurs pour la gloire, la fortune, ou le bon vin, qui allaient devenir l&#8217;essence m\u00eame de la Bourgogne au cours des quatre si\u00e8cles \u00e0 venir.<\/p>\n<p><strong><em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>1765\u00a0:<\/em>\u00a0Claude Marey laisse sa marque avec un cadran solaire dans la Cour Carr\u00e9e. Il est y toujours. Il fonctionne encore, plus ou moins<\/strong><\/p>\n<p>Fils du prosp\u00e8re vigneron et marchand, Jean Marey; Claude Marey (1696-1770) a pass\u00e9 sa jeunesse \u00e0 voyager \u00e0 travers l&#8217;Europe pour vendre le vin de son p\u00e8re. C&#8217;est lors de ces voyages que le jeune Claude, sage et vif; a cr\u00e9\u00e9 de pr\u00e9cieux contacts et r\u00e9seaux qu&#8217;il allait utiliser pour devenir le premier n\u00e9gociant en vins de la Bourgogne moderne ; et l&#8217;un des premiers marchands de vins internationaux. Il \u00e9tait appr\u00e9ci\u00e9 pour sa modestie, sa gentillesse et sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9.\u00a0Un \u00ab\u00a0Bourguignon honn\u00eate, se contentant des t\u00e2ches quotidiennes en tant qu&#8217;\u00e9cuyer de Pommard,\u00a0\u00bb nous d\u00e9crivent les livres d&#8217;histoire.<\/p>\n<p><strong><em><\/p>\n<p><\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>M. et Mme Marey\u00a0:<\/em> Claude et Claudine Lenoir<\/strong><\/p>\n<p>Au fil des ans, et avec son \u00e9pouse Claudine Lenoir et ses deux fils Claude-Philibert et Nicolas-Joseph (1760-1818) \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s ;\u00a0Claude Marey a acquis de nombreuses propri\u00e9t\u00e9s viticole dans diff\u00e9rents villages de C\u00f4te d&#8217;Or.<\/p>\n<p>La famille passait son temps dans son manoir \u00e0 Nuits-Saint-Georges. C&#8217;est avec l&#8217;achat du Ch\u00e2teau de Pommard et d&#8217;importantes installations de vinification, aupr\u00e8s de Joseph Micault, le fils de Vivant, le fondateur du vignoble\u00a0; que la famille Marey s&#8217;\u00e9tait enfin impos\u00e9e comme une famille riche et de renomm\u00e9e.<\/p>\n<p>Pendant sept ans, jusqu&#8217;en 1770, l&#8217;ann\u00e9e de son d\u00e9c\u00e8s \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 74 ans, Claude Marey a lourdement investi dans les installations viticoles. Il a continu\u00e9 de produire un vin qui faisait l&#8217;envie de tous, pris\u00e9 par les rois et reines ici et \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger.<\/p>\n<p>Mais si Claude a \u00e9t\u00e9 le premier Marey \u00e0 laisser sa marque \u00e0 Pommard, c&#8217;est son second fils, Nicolas-Joseph, qui est tomb\u00e9 en amour avec les vignes. Son\u00a0amour pour une Monge allait devenir le lien qui unirait ces deux c\u00e9l\u00e8bres familles fran\u00e7aises. Ceci transformerait\u00a0ainsi non seulement le vin de Pommard, mais l&#8217;ensemble de la Bourgogne, dans son sillage.<\/p>\n<p>Et, comme toutes les histoires qui marquent souvent une vie, elle commence avec une histoire d&#8217;amour entre un homme et une femme.<\/p>\n<p>C&#8217;\u00e9tait en 1793.<\/p>\n<p>Suite au d\u00e9c\u00e8s de son p\u00e8re, Nicolas-Joseph Marey h\u00e9rita de 309\u00a0876 francs, y compris du domaine viticole de Pommard. Son fr\u00e8re, Claude-Phillibert, demanda la maison familiale et les parcelles de Nuits-Saint-Georges de son p\u00e8re. C&#8217;est \u00e0 partir de l\u00e0 que les deux fr\u00e8res ont suivi des routes s\u00e9par\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;\u00e9poque, Nicolas-Joseph avait entam\u00e9 une carri\u00e8re politique prometteuse \u00e0 Paris.\u00a0Ce poste le conduit \u00e0 une rencontre fortuite avec Gaspard Monge.\u00a0Le math\u00e9maticien bourguignon qui, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 17\u00a0ans, avait \u00e9labor\u00e9 le plan de sa ville natale, Beaune.\u00a0Affichant des prouesses math\u00e9matiques qui culmineraient lorsqu&#8217;il co-fonderait l&#8217;\u00c9cole Polytechnique dans la capitale, en 1794, au cours de la R\u00e9volution fran\u00e7aise ; et deviendrait ensuite \u00e9missaire des arm\u00e9es napol\u00e9oniennes en \u00c9gypte.<\/p>\n<p><strong><em><\/p>\n<p>M. et Mme\u00a0Monge\u00a0: Gaspard et Marie-Catherine Huart<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La fille de Gaspard, Jeanne-Charlotte \u00c9milie Monge,\u00a0avait 18 ans de moins que Nicolas-Joseph lors de leur premi\u00e8re rencontre.\u00a0Mais de telles diff\u00e9rences d&#8217;\u00e2ge \u00e9taient chose commune \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Belle et tenace, comme sa m\u00e8re, Marie-Catherine Huart, elle-m\u00eame une aristocrate \u00e9minente. \u00c9milie avait 17\u00a0ans lors de son mariage avec Nicolas-Joseph aupr\u00e8s duquel elle commen\u00e7a imm\u00e9diatement \u00e0 fonder sa propre famille. Ils \u00e9taient passionn\u00e9s l&#8217;un de l&#8217;autre. Nous en sommes certains &#8211; ils eurent 8\u00a0enfants ensemble.\u00a0<strong><em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em><\/p>\n<p><\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>M. et Mme\u00a0Marey-Monge\u00a0:<\/em>\u00a0Nicolas Joseph et \u00c9milie<\/strong><\/p>\n<p>Enchant\u00e9 par le fruit de son labeur dans son propre jardin au Clos Marey-Monge, le premier couple d&#8217;\u00e9poux collaborateurs du Ch\u00e2teau de Pommard a consacr\u00e9 sa vie \u00e0 prot\u00e9ger ses vignes et \u00e0 assurer la p\u00e9rennit\u00e9 du Ch\u00e2teau de Pommard. M\u00eame la R\u00e9volution fran\u00e7aise n&#8217;aurait pu les arr\u00eater.<\/p>\n<p>Le vin coulait dans les veines de Nicolas-Joseph. C&#8217;\u00e9tait dans son sang et dans l&#8217;ADN de sa famille.\u00a0Et en juin 1795, il coula dans celles d&#8217;\u00c9milie aussi\u00a0; ils se mari\u00e8rent \u00e0 l&#8217;\u00e9glise de Pommard. Nicolas-Joseph trouva en sa femme son propre reflet. Ils partageaient l&#8217;amour de pr\u00e9servez, mais aussi d&#8217;offrir au monde entier, le vin de Pommard.<\/p>\n<p>C&#8217;est gr\u00e2ce aux \u00e9changes de lettres avec Marie-Catherine Monge, la m\u00e8re d&#8217;\u00c9milie, que nous d\u00e9couvrons les pratiques de vinification fascinantes de Nicolas-Joseph et d&#8217;\u00c9milie au d\u00e9but de l&#8217;exploitation du domaine ensemble. Dans une lettre dat\u00e9e de 1811, Nicolas-Joseph \u00e9crivait, \u00ab\u00a0Nous achetons du sucre brun pour relever un peu le go\u00fbt fade des raisins. Mais ce n&#8217;est pas suffisant pour couvrir les tannins verts et la platitude du vin. Nous avons d\u00fb trouver chez l&#8217;\u00e9picier ce que la providence ne nous apportera certainement pas cette ann\u00e9e\u00a0: le feu et le go\u00fbt.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Souvent s\u00e9par\u00e9s par la carri\u00e8re politique de Nicolas-Joseph \u00e0 Paris, le couple \u00e9pris s&#8217;envoyait des lettres d&#8217;amour.\u00a0Ils\u00a0\u00ab\u00a0apaisaient leurs c\u0153urs lorsque s\u00e9par\u00e9s\u00a0\u00bb en parlant du travail \u00e0 effectuer dans les vignes. \u00ab\u00a0Mes souhaits ont \u00e9t\u00e9 exauc\u00e9s,\u00a0\u00bb \u00e9crivait \u00c9milie \u00ab\u00a0mon mari est rest\u00e9 le m\u00eame \u00e0 mes yeux.\u00a0\u00bb Cependant, le profond attachement de Nicolas-Joseph \u00e0 leur domaine et leurs vignobles auraient \u00e0 subir les difficult\u00e9s d&#8217;une nation d\u00e9chir\u00e9e.<\/p>\n<p><strong><em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Route des Grands Crus\u00a0:\u00a0<\/em>Ch\u00e2teau Marey-Monge, vers 1870. Aujourd&#8217;hui, le tableau est suspendu chez notre voisin, et\u00a0<\/strong><strong>adjoint au maire de Pommard, Olivier Cyrot\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>En 1789\u00a0; \u00e0 la veille de la R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0; la famille Marey poss\u00e9dait plus de 160 parcelles de vignes entre la C\u00f4te de Beaune et la C\u00f4te de Nuits, dont le fr\u00e8re de Nicolas-Joseph, Claude-Philibert, \u00e9tait propri\u00e9taire.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la menace de la Grande Peur, qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l&#8217;inf\u00e2me R\u00e9gime de la Terreur, de nombreux Ch\u00e2teaux de Bourgogne &#8211; symboles de la noblesse fran\u00e7aise &#8211; ont \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9s par des r\u00e9volutionnaires, suite \u00e0 l&#8217;assassinat d&#8217;un aristocrate sur la route de Vitteaux, embrasant les flammes du changement.<\/p>\n<p>Alors que Claude-Philibert a fui le pays craignant pour sa vie (pour ne revenir qu&#8217;en 1800), Nicolas-Joseph est rest\u00e9 \u00e0 Pommard et \u00e0 Paris, et a courageusement continu\u00e9 son travail, malgr\u00e9 la col\u00e8re que son rang et sa noblesse provoquaient.<\/p>\n<p>Cependant, craignant pour la vie de sa famille, Nicolas-Joseph vendit le Ch\u00e2teau Micault, pour 25\u00a0000 francs, \u00e0 la matriarche, Agathe Rose Dambrun, de la famille Joursenvault, des notables de Beaune. Astucieusement, Nicolas-Joseph resta propri\u00e9taire de ses vignes de Pommard et des d\u00e9pendances accueillant le processus de vinification. Alors que la Nation gronda jusqu&#8217;\u00e0 1799, ses terres ne furent jamais saisies, contrairement \u00e0 de nombreux ch\u00e2teaux de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p><strong><em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Rue des Marronniers\u00a0:<\/em>\u00a0Aujourd&#8217;hui, la rue qui m\u00e8ne \u00e0 notre porte s&#8217;appelle la Rue Marey-Monge, en l&#8217;honneur de nos c\u00e9l\u00e8bre gardiens, photographi\u00e9 dans les ann\u00e9es 1900<\/strong><\/p>\n<p>Lorsqu&#8217;un futur ami de la famille, Napol\u00e9on Bonaparte, fut nomm\u00e9 empereur fran\u00e7ais, le chaos laissa place \u00e0 la paix dans le pays. Cependant, Nicolas-Joseph ne fut pas en mesure de r\u00e9unifier le Ch\u00e2teau Micault avec ses vignobles&#8230; en d\u00e9pit d&#8217;en offrir 100\u00a0000 francs \u00e0 la famille Joursenvault, quatre fois ce qu&#8217;il l&#8217;avait vendu \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Les terres \u00e9taient, comme elles l&#8217;avaient toujours \u00e9t\u00e9, une possession pr\u00e9cieuse, dont la valeur \u00e9tait bien connue de tous.<\/p>\n<p>Mais la passion de Nicolas-Joseph pour son vignoble de Pommard ne connaissait aucune limite.<\/p>\n<p>En 1802, Nicolas-Joseph d\u00e9cida de construire un nouveau Ch\u00e2teau pour sa famille, \u00e0 seulement 200 pas du premier. Le Ch\u00e2teau Marey-Monge, son nom actuel, est n\u00e9 au-dessus de la pierre calcaire, riche en argile et du terroir digne des plus grands crus de la parcelle Chantrerie, camoufl\u00e9e du monde ext\u00e9rieur par un bosquet de c\u00e8dres et de s\u00e9quoias.<\/p>\n<p><strong><em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Ch\u00e2teau Marey-Monge\u00a0:\u00a0<\/em>Tel qu&#8217;il \u00e9tait en 2005. Des r\u00e9novation intensives sont en cours\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;imposant second manoir du vignoble de Pommard a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u, autour des ann\u00e9es 1800, par l&#8217;architecte parisien Jean-Nicolas-Louis Durand, professeur de la c\u00e9l\u00e8bre \u00c9cole Polytechnique de Gaspard Monge.<\/p>\n<p><strong><em><br \/>\nBienvenue chez vous\u00a0:\u00a0Premi\u00e8re pierre des fondations de Nicolas, plac\u00e9e au-dessus de l&#8217;entr\u00e9e du Ch\u00e2teau<\/em><\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;architecture du Ch\u00e2teau Marey-Monge refl\u00e9terait les principes et la personnalit\u00e9 moderne de Nicolas-Joseph\u00a0: pas de sculptures, pas d&#8217;ornements superflus\u00a0; praticit\u00e9 et un style terre-\u00e0-terre, respectant la plus pure tradition bourguignonne. La construction des six niveaux du Ch\u00e2teau Marey-Monge et de sa cave a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e en 1812. Il a imm\u00e9diatement provoqu\u00e9 l&#8217;admiration \u00e0 des kilom\u00e8tres \u00e0 la ronde. \u00ab\u00a0Lorsque, dans nos villages, nous souhaitons dire que quelqu&#8217;un a une belle maison, nous disons\u00a0: elle est aussi belle et aussi pratique que celle de M. Marey,\u00a0\u00bb \u00e9crivait l&#8217;auteur Charles Ruskin John dans sa publication The General History of Burgundy (Histoire g\u00e9n\u00e9rale de la Bourgogne).\u00a0<strong><em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Baignoire de Napol\u00e9on\u00a0:<\/em>\u00a0La Chambre Bleue, o\u00f9 Napol\u00e9on restait\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Napol\u00e9on Bonaparte, un cher ami de la famille Marey-Monge durant les guerres napol\u00e9oniennes, serait rest\u00e9 au Ch\u00e2teau Marey-Monge durant cette p\u00e9riode, sur plusieurs ann\u00e9es. L&#8217;empereur a m\u00eame fait don du bois utilis\u00e9 dans la construction de l&#8217;\u00e9tage. Naturellement, lorsque Napol\u00e9on venait, il avait sa propre <em>chambre\u00a0! <\/em>La Chambre Bleue, \u00e9quip\u00e9e de toilettes en porcelaine bleu, d&#8217;un papier peint bleu et d&#8217;une baignoire (de la taille d&#8217;un \u00e9vier).<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9l\u00e9ment le plus important peut-\u00eatre que Nicolas-Joseph et \u00c9milie aient ajout\u00e9 lors de leur intendance au \u00ab\u00a0domaine royal de Pommard\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 l&#8217;installation d&#8217;un mur de forteresse de 20 hectares de long et deux m\u00e8tres de haut, entourant et prot\u00e9geant les vignes. Aujourd&#8217;hui, les murs du Clos sont connus dans le monde entier\u00a0: ils ont fa\u00e7onn\u00e9 le paysage viticole de la Bourgogne, transformant des rangs de vignes en une mosa\u00efque de territoires, de toutes formes et tailles.<\/p>\n<p>Nicolas-Joseph et \u00c9milie ont donn\u00e9 au <em>Clos<\/em>\u00a0un nom digne du m\u00e9lange des deux grandes familles\u00a0: Le Clos Marey-Monge. Il demeure depuis le plus grand <em>monopole<\/em> de Bourgogne \u00e0 ce jour. La l\u00e9gende raconte que Nicolas-Joseph offrait \u00e0 tout villageois une nouvelle paire de bottes, et une ration de soupe et de pain, en \u00e9change de son aide dans l&#8217;\u00e9dification du mur, pierre par pierre.<\/p>\n<p><strong><em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Le Clos Marey-Monge\u00a0:<\/em>\u00a0Deux m\u00e8tres de haut et 20\u00a0hectares de long\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>C&#8217;est en 1818, que Nicolas-Joseph d\u00e9c\u00e9da subitement, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 58 ans. Il mourut dans son endroit pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, au deuxi\u00e8me \u00e9tage de son ch\u00e2teau, la maison qu&#8217;il avait construite. Il \u00e9tait 16\u00a0heures.<\/p>\n<p>Non du style \u00e0 se laisser diminuer par la trag\u00e9die, \u00c9milie esquissa \u00e0 l&#8217;aquarelle la c\u00e9l\u00e8bre sc\u00e8ne du dernier soupir de son mari. C&#8217;est \u00e0 la fois un rappel visible de la t\u00e9nacit\u00e9 in\u00e9branlable d&#8217;\u00c9milie, ainsi qu&#8217;un aper\u00e7u de la d\u00e9coration int\u00e9rieure exempte d&#8217;opulence du Ch\u00e2teau.<\/p>\n<p><strong><em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Seize heures\u00a0:<\/em>\u00a0aquarelle d&#8217;\u00c9milie d\u00e9peignant la mort de Nicolas-Joseph au Ch\u00e2teau Marey-Monge\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Femme d\u00e9vast\u00e9e mais d\u00e9termin\u00e9e, d\u00e9vou\u00e9e au Clos et \u00e0 ses huit enfants&#8230; \u00c9milie prit la rel\u00e8ve du Ch\u00e2teau de Pommard, s&#8217;occupant \u00e9galement de la vinification et de la r\u00e9colte. Lors de son mandat de chef des terres, \u00c9milie ;\u00a0influenc\u00e9e par l&#8217;ambition et l&#8217;ind\u00e9pendance affich\u00e9es par Vivant Micault, Claude Marey et son mari ;\u00a0continua \u00e0 agrandir le domaine et le commerce du vin, encore plus que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs.\u00a0Une lettre \u00e9crite par la s\u0153ur d&#8217;\u00c9milie \u00e0 son petit-fils, en 1819\u00a0; se lit comme suit\u00a0: \u00ab\u00a0Votre pauvre tante Marey a beaucoup \u00e0 faire, elle doit se charger seule de la r\u00e9colte de Pommard. Elle aura quelque 300 f\u00fbts de vin, que de soucis pour une femme seule\u00a0!\u00a0\u00bb. Malgr\u00e9 les inqui\u00e9tudes de sa s\u0153ur Charlotte ; \u00c9milie d\u00e9passa toutes les attentes et accrut consid\u00e9rablement la production de vin du domaine apr\u00e8s la mort de son mari.<\/p>\n<p>Si nous sommes redevables de notre bonne fortune et de notre futur envers quelqu&#8217;un, c&#8217;est bien envers \u00c9milie Marey-Monge. Fille courageuse et anim\u00e9e, \u00e9pouse et figure maternelle de la plus grande famille de Bourgogne\u00a0; qui a fi\u00e8rement permis, par son dur labeur et sa passion, la survie du vin de Pommard.<\/p>\n<p>Belle, gentille, g\u00e9n\u00e9reuse et spirituelle, dot\u00e9e d&#8217;une bonne \u00e9ducation et noble ;\u00a0comme le c\u00e9page Pinot Noir\u00a0; voici une description du personnage de Charlotte \u00c9milie en 1820\u00a0: \u00ab\u00a0Malgr\u00e9 les merveilles de la table et du vin, ce qui m&#8217;a le plus frapp\u00e9 est la ma\u00eetresse de maison, la noble m\u00e8re offrant toutes les gr\u00e2ces de physionomie et d&#8217;esprit, tout le charme de la conversation, et d&#8217;une gentillesse et d&#8217;une gaiet\u00e9 d&#8217;autant plus attirantes qu&#8217;elles rayonnent d&#8217;une grande intelligence\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mais \u00c9milie n&#8217;a pas g\u00e9r\u00e9 le vignoble seule. Sa famille, ses huit enfants, ont \u00e9t\u00e9 d&#8217;un soutien inestimable. La m\u00e8re d&#8217;\u00c9milie, Marie-Catherine\u00a0; \u00e9galement connue comme Madame Monge ; \u00e9tait une \u00e9minente ambassadrice des vins de Bourgogne. Elle envoyait souvent des bouteilles de Pommard \u00e0 Paris pour en faire profiter ses amis. Apr\u00e8s la mort de Nicolas-Joseph, et tout au long des 30 derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, Marie-Catherine passerait tous ses derniers jours \u00e0 Pommard \u00e0 aider sa fille avec la r\u00e9colte et la vinification.<\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>La vieille dame de Pommard\u00a0:<\/em>\u00a0\u00c9milie Marey-Monge a v\u00e9cu jusqu&#8217;au grand \u00e2ge de 89\u00a0ans. Elle est enterr\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses vignes bien-aim\u00e9es\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s d&#8217;\u00c9milie, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge avanc\u00e9 de 89\u00a0ans\u00a0; le Ch\u00e2teau et le Clos Marey-Monge seraient h\u00e9rit\u00e9s et g\u00e9r\u00e9s par la plupart de ses huit enfants. Nous avions donc l&#8217;a\u00een\u00e9 de ses fils, Guillaume-Stanislas, leur cinqui\u00e8me fils Alphonse, leurs filles jumelles Louise et Edith Marey-Monge ;\u00a0et le fils d&#8217;Edith, Emmanuel De Blic, pour un si\u00e8cle encore. La crypte d&#8217;\u00c9milie, ainsi que celles de plusieurs de ses enfants, se situent au cimeti\u00e8re de Pommard, juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des vignes bien-aim\u00e9es du Clos Marey-Monge de sa famille.<\/p>\n<p><em><strong><br \/>\n<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Guillaume-Stanislas\u00a0:<\/strong><\/em><strong> La tombe du premier fils de la famille Marey-Monge<\/strong><\/p>\n<p>Ce n&#8217;est que le 10\u00a0d\u00e9cembre\u00a01840, que les huit enfants de Nicolas-Joseph Marey (1760-1818) et Jeanne-Charlotte \u00c9milie Monge (1778-1867)\u00a0; re\u00e7urent l&#8217;autorisation de porter le titre de Marey-Monge, par d\u00e9cret royal, rien de moins.<\/p>\n<p><strong><em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Guillaume Felix Alphonse Marey-Monge 1818-1877\u00a0:<\/em> Maire de Pommard et D\u00e9put\u00e9 de C\u00f4te d&#8217;Or, dernier fils Marey-Monge \u00e0 g\u00e9rer le domaine.<\/strong><\/p>\n<p>C&#8217;est en 1846 que Guillaume Stanislas Marey-Monge ; l&#8217;a\u00een\u00e9 des enfants de Nicolas-Joseph et \u00c9milie ; devint le gardien du domaine apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s d&#8217;\u00c9milie. Pendant son temps \u00e0 la t\u00eate du domaine, en 1855 ; Guillaume a accueilli Jules Lavalle, une sommit\u00e9 de la viticulture bourguignonne.<i> <\/i><i>La classification exhaustive des <em>terroirs<\/em>, par le Dr Lavalle\u00a0; publi\u00e9e dans son c\u00e9l\u00e8bre livre Histoire et Statistiques des vins de la C\u00f4te d&#8217;Or\u00a0; certifiait le Clos Marey-Monge parmi les premi\u00e8res cuv\u00e9es les mieux class\u00e9es de la r\u00e9gion.\u00a0<\/i>Durant 80\u00a0ans, le vin et les <em>terroirs<\/em> du Ch\u00e2teau de Pommard ont \u00e9t\u00e9 acclam\u00e9s \u00e0 travers tout le pays. Cela a particip\u00e9 \u00e0 octroyer \u00e0 Pommard la r\u00e9putation encore joui aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p>Des ann\u00e9es 1870 \u00e0 1920, le Ch\u00e2teau Marey-Monge, le Clos et la partie vinicole furent exploit\u00e9s successivement par les enfants de Nicolas-Joseph et \u00c9milie.<\/p>\n<p>C&#8217;est \u00c9dith Marey-Monge, la plus jeune fille de Nicolas-Joseph et \u00c9milie qui, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 19\u00a0ans, poss\u00e9dait enti\u00e8rement le domaine. \u00c9dith \u00e9pousa Herv\u00e9 De Blic, d&#8217;une des familles f\u00e9odales les plus illustres de Bourgogne. \u00c9dith et Herv\u00e9 passaient l&#8217;automne et l&#8217;hiver \u00e0 Dijon, et le printemps et l&#8217;\u00e9t\u00e9 \u00e0 Pommard, s&#8217;occupant des r\u00e9coltes et des vignobles. Ing\u00e9nieur en Arts et Fabrication, Herv\u00e9 \u00e9tait \u00e9galement maire de Pommard jusqu&#8217;\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s en 1924.<\/p>\n<p>\u00c0 la mort de son mari, \u00c9dith l\u00e9gua l&#8217;exploitation du domaine \u00e0 son fils Emmanuel De Blic. Le dernier h\u00e9ritier de la famille Marey-Monge qui \u00e9tait n\u00e9, avec \u00e0-propos, sur les terres du domaine et serait l&#8217;auteur de plusieurs livres sur le patrimoine et l&#8217;h\u00e9ritage de sa famille.<\/p>\n<p><strong><em><br \/>\n<i><\/i><\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Emmanuel De Blic\u00a0:<\/em> Le fils d&#8217;\u00c9dith Marey-Monge a \u00e9crit de nombreux livres sur sa famille<br \/>\n<\/strong><br \/>\nEn d\u00e9cembre\u00a01926, Emmanuel vend le Ch\u00e2teau Micault \u00e0 Charles-Georges d&#8217;Epinay et le Ch\u00e2teau Marey-Monge \u00e0 Louis Laplanche, en 1936. C&#8217;est l\u00e0 que commence le chapitre suivant du Ch\u00e2teau de Pommard.<\/p>\n<p>H\u00e9las, l&#8217;\u00e8re de la puissante et prestigieuse famille Marey-Monge touche \u00e0 sa fin.<\/p>\n<p><strong><em><br \/>\n<i><\/i><\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00c9tiquette de Vin\u00a0:<\/em> Une \u00e9tiquette du vin sous l&#8217;\u00e8re d&#8217;Emmanuel De Blic survit<\/strong><\/p>\n<p><strong><em><br \/>\n<i><\/i><\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>H\u00e9ritiers de la famille De Blic<\/em><\/strong><strong><em>\u00a0: <\/em>Phillippe (centre) et Emmanuel De Blic (\u00e0 gauche) visitent l&#8217;ancienne maison de leur famille \u00e0 l&#8217;\u00e9t\u00e9 2016<\/strong><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La plus grande famille de Bourgogne En 1795, deux familles fran\u00e7aises embl\u00e9matiques, les Marey et les Monge, s&#8217;unirent par le mariage pour cr\u00e9er une dynastie encore largement admir\u00e9e en Bourgogne aujourd&#8217;hui.\u00a0 Le Ch\u00e2teau de Pommard et le Clos Marey-Monge ;\u00a0tels que nous les connaissons aujourd&#8217;hui ;\u00a0remontent \u00e0 l&#8217;origine \u00e0 l&#8217;une des familles les plus anciennes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1306,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[53],"tags":[],"class_list":["post-3052","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chateau"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chateaudepommard.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3052","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chateaudepommard.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chateaudepommard.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chateaudepommard.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chateaudepommard.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3052"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chateaudepommard.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3052\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chateaudepommard.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1306"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chateaudepommard.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3052"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chateaudepommard.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3052"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chateaudepommard.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3052"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}